Author Archives: caroline
INSULA – MARS 2009
22 mars 2009
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Tout commence par un choc, une percussion [...] La magie opère sans que l’on sache pourquoi : il y a du sens, entre l’air et l’eau, l’opacitĂ© et la transparence, toutes les tensions sont prĂ©sentes.Devant les tableaux de Caroline de Boissieu, c’est l’amplitude du geste qui nous entraĂ®ne, nous enveloppe dans ses plis, ses couches, ses rouleaux. Elle ne laisse pas le temps de la rĂ©flexion, de l’analyse. D’emblĂ©e on est emportĂ© dans un ailleurs, un mouvement, une lĂ©gèretĂ© qui ne rĂ©vĂ©lera sa profondeur que bien plus tard. Car c’est la force de ses constructions, sa capacitĂ© Ă ĂŞtre Ă la surface des choses tout en nous entraĂ®nant dans des abysses, qui nous troublent et provoquent l’envie d’en savoir plus, de sortir de l’apparence, de cette première impression pour accepter de la suivre.La complexitĂ© de la dĂ©marche artistique de Caroline de Boissieu, relève du palimpseste. Cette stratification, ou peut ĂŞtre mieux, sĂ©dimentation dont on parle comme d’un simple grattage de parchemin, est ici une longue Ă©laboration qui cache une volontĂ© de troubler les pistes: entre la photographie, l’acrylique, le crayon, le pastel, toutes les techniques sont convoquĂ©es pour donner au projet la plĂ©nitude de son expression, son souffle. C’est de ce souffle, si cher aux artistes d’extrĂŞme orient dont il est question. Tous les chemins concourent Ă ce dessein, ils cachent, ils enferment leurs secrets.[…] Cette peinture a la force d’une poĂ©sie radicale qui se dĂ©voile lentement. Elle est transparente et opaque, mobile et immobile, gaie et douloureuse ; cette tension est lĂ , puissante : entre l’ombre et la lumière; entre le ciel et l’ocĂ©an. Jusqu’au dernier support, ce plexiglas brillant qui n’attend qu’une chose, l’opacitĂ© du temps qui sera la dernière altĂ©ration de cette oeuvre ouverte, prise entre l’espoir, et le dĂ©sespoir, non…. l’espoir, elle rĂ©siste.TĂ©lĂ©charger le carton de l’exposition
Alain Sarfati, Architecte, février 2008 |
COTE OUEST : A La recherche des moments perdus
22 janvier 2005
• COTE OUEST – janvier 2005
A La recherche des moments perdus
….Un travail qui épure et met en couleurs émotions et instants d’intimité…
Ce sont des silhouettes graciles qui cheminent, solitaires.
Une esquisse d’enfant ramassant un coquillage, une vague qui gronde et se fracasse on ne sait où, des instants captés, figés sur la toile….Caroline de Boissieu court après des moments perdus, pas autre chose, des petits bonheurs, des grâces qu’elle capture avec sa peinture, mais pas seulement, car si ses œuvres évoquent des atmosphères de bords de mer de Boudin avec des silhouettes fugitives, l’artiste est ancrée dans son époque. Elle utilise la photographie comme matière première, une glaise qu’elle façonne et épure jusqu’à ne conserver que l’essentiel, la pose précieuse, le geste volé.
Plus précisément, une fois la photographie imprimée, elle en gratte la couche polymère pour retirer des parties de l’image. Des clichés pris sur les côtes normandes ou plus loin, en Bretagne ou ….subsisteront des reliefs, des figures qu’elle repeint de quelques touches de couleur vive : la mer se fait vermillon, la lande vert lichen, les chevelures blanches. L’ensemble est marouflé sur du plexiglas, ce qui accentue la transparence du jeu des matières.
Plasticienne et Peintre à la fois, Caroline crée avec cette technique ludique des compositions poétiques tout en légèreté. La peinture apporte un côté onirique, un peu abstrait à ces paysages et situations vécues. Actrice à part entière des peintures, l’eau s’immisce, s’étend ou envahit complètement la toile.
Omniprésent également, le blanc qu’elle affectionne dans toutes ses nuances, presque transparent sur le support photographique qu’elle retravaille à la manière d’un caque ou comme une « traine lumineuse » pour souligner certaines scènes….Ses toiles calques enroulées accrochent la lumière des fenêtres ; sur une table, une de ses premières toiles représentant sa fille Clara « mes enfants ont été ma première source d’inspiration » explique-t-elle..Une enfant qui joue sur l’herbe, le mouvement du bras qui s’allonge et c’est le point de départ d’une toile qui deviendra l vague ou glacier.
A coup de petites touches impressionnistes, Caroline raconte des souvenirs.
Dans le sillage de ses personnages, au fil de leurs pas qui s’approchent, nos propres vies….
Le succès de ses expos vient confirmer son sentiment d’artiste…
Texte Agnès BENOIT
